10/10/2018

Faut-il taxer les transactions en ligne ?

Amazon atteint 1000 milliards de dollars en bourse


Investir à coups de milliards, non pas pour un retour direct sur investissement, mais uniquement pour éliminer tous ses concurrents en bouleversant les habitudes et les réflexes d’achat des consommateurs et finir par s’adjuger un monopole. Devenir un passage incontournable, quitte à perdre de l’argent des années durant. Telle est la stratégie machiavélique des géants de la distribution en ligne.

Alors que la tendance actuelle est plutôt à la « désintermédiation », comme on peut l’observer à travers la volonté des marques et des fabricants de se rapprocher des clients finaux par le biais de points de vente en propre et de ventes en ligne directe, Amazon a su s’imposer en intermédiaire supplémentaire, puisque sa plateforme est largement utilisée par des commerçants tiers. Ces derniers sont bien sûr pénalisés (on s’en serait douté) par la diminution de leurs marges et, le cas échéant, par des frais de stockage souvent importants, voire dissuasifs, à tel point qu’Amazon propose de détruire massivement tous les produits invendus au bout d’un certain temps, opération également à la charge du consignateur, mais moins coûteuse que les frais de renvoi à leur propriétaire. Amazon en fait de même pour beaucoup de ses propres articles en retour, les frais de leur reconditionnement étant souvent supérieurs à ceux de leur fabrication. En plus de ses méthodes commerciales plus que discutables et des conditions de travail lamentables offertes à ses employés, Amazon peut donc aussi se targuer d’être un champion du gaspillage et un générateur de pollution et de déchets sous lesquels croule déjà notre planète.

Il n’est évidemment pas question ici de remettre en cause les vertus de la vente en ligne, inéluctable et indissociable de notre avenir et qui présente bien sûr de nombreux avantages, tant pour les vendeurs que pour les acheteurs. Il s’agit plutôt d’essayer de trouver une solution qui puisse régulariser au plus vite une situation qui pénalise de plus en plus les commerces « physiques » ou « multicanaux » qui eux, payent la taxe professionnelle communale, les taxes sur le tourisme, le domaine public (enseignes) et la voirie, taxes auxquelles échappent totalement les grands acteurs d’Internet.

La vente en ligne et le commerce « traditionnel » doivent pouvoir coexister car, outre le fait d’apporter une grande diversité de l’offre et de l’animation aux centre-ville, ce dernier est un employeur essentiel tant au niveau du nombre que de la qualité des emplois. Nul doute que celui-ci saura garder sa place. À condition qu’on lui permette de lutter à armes égales face à ses concurrents uniquement « virtuels ».

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Commentaires

Normalement tout ce qui permet de faire de gros bénéfices devrait être taxé dans nos pays,sauf "l'esclavage et la drogue" bien sûr!!!!! Si on se met à harceler les mafieux internationaux comme on harcèle les genevois, ça ne va plus du tout aller!!!

Écrit par : Dominique Degoumois | 11/10/2018

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Utile analyse du phénomène.
Bravo.

Écrit par : Ronald ZACHARIAS | 11/10/2018

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